Le 10 septembre 2026, le Lab de l’INAthèque et l’Institut néerlandais du son et de l’image ont co organisé à la BnF un atelier pour faire découvrir et explorer les données de diffusion de l’INA, enrichies avec la contribution d’ISAN dans le projet pilote TAMIS.
Cette journée, organisée dans le cadre du projet européen TEMS, a réuni des étudiants, des chercheurs et des professionnels en lien avec les médias et les sciences sociales. Son objectif était de montrer comment le partage, la prise en main et l’enrichissement de données audiovisuelles peuvent contribuer à l’étude des œuvres, des collaborations professionnelles et des stratégies de diffusion.
Des données enrichies pour mieux comprendre la circulation des œuvres
Régis Flad, directeur général de l’Agence internationale ISAN, a présenté les projets TEMS et TAMIS ainsi que la contribution d’ISAN à l’enrichissement des données audiovisuelles. Sa présentation a permis aux participants de mieux comprendre le partage de métadonnées audiovisuelles et ses applications. À travers le travail mené entre l’INA, l’ISAN et la PROCIREP dans le cadre du POC TAMIS, Régis Flad a illustré concrètement le fonctionnement d’un espace de données.
La contribution d’ISAN a été directement intégrée dans le corpus utilisé durant l’atelier, qui regroupait un mois de diffusions, en septembre 2024, sur douze chaînes de la TNT. En amont, les données descriptives de l’INA ont été enrichies d’identifiants ISAN pour mieux identifier les œuvres et les relier à leurs différentes diffusions. Ce rapprochement a permis de relier les informations sur les œuvres à leur présence à l’antenne, et de mesurer l’importance de la multidiffusion sur la TNT, avec jusqu’à 3 diffusions par épisode pour les séries les plus rediffusées.
Pour l’INA, cette journée a aussi été l’occasion de faire connaître ces données à des personnes susceptibles de les utiliser dans leurs propres travaux. Les questions abordées ont concerné aussi bien l’économie des médias que la sociologie de la culture ou l’organisation du travail dans l’audiovisuel.
Faire apparaître les réseaux professionnels
La partie pratique de l’atelier était consacrée à la visualisation de réseaux constitués autour des œuvres audiovisuelles. A partir des informations présentes dans les génériques, les participants ont cherché à répondre à plusieurs questions : quelles équipes retrouve-t-on d’une œuvre à l’autre ? Quelles communautés se dessinent ? Quels professionnels font le lien entre différents groupes ? Les exercices ont permis d’aborder ces questions en partant directement des données.
Les participants ont construit un graphe dans lequel les nœuds désignaient les auteurs et autres participants associés à une œuvre audiovisuelle, ainsi que les liens qui indiquaient une mention conjointe dans un même générique.
Ils ont d’abord pu visualiser ce réseau et en analyser qualitativement la structure, avant de calculer des métriques permettant d’objectiver certaines propriétés du réseau, notamment le degré (à quel point une personne est connectée) et l’intermédiarité (la position d’une personne à l’interface de plusieurs communautés).
Ces méthodes permettent de dépasser la simple description des programmes diffusés pour mieux comprendre la structure des collaborations et les trajectoires professionnelles au sein du secteur audiovisuel.
De nouvelles perspectives pour la recherche
L’atelier a également abordé les précautions à prendre pour interpréter les résultats : notamment de distinguer une œuvre de ses rediffusions, tenir compte des informations manquantes et examiner les ambiguïtés de noms de professionnels.
La démarche testée pendant l’atelier pourra, par la suite, être réemployée par les participants pour analyser d’autres formes de liens mesurables par les données TAMIS : réseaux de coproduction, relations entre producteurs et chaînes, ou encore circulation et multidiffusions des programmes. En l’appliquant à un volume de données plus important et sur des périodes plus longues, elle pourra intéresser plusieurs disciplines, notamment la sociologie des médias, l’économie de l’audiovisuel, les sciences de l’information et de la communication, les humanités numériques et les cultural studies. Elle pourra nourrir des travaux approfondis sur les collaborations, les parcours professionnels et la circulation des œuvres audiovisuelles.
En donnant aux étudiants, aux chercheurs et aux professionnels les moyens d’explorer les données de l’INA enrichies avec ISAN, cet atelier a rendu concrète l’ambition de TEMS : faire du partage de données un point de départ pour produire de nouvelles connaissances sur l’audiovisuel.